A Paris : Siège de l'URSSAF par Anne Carcelen Architecte - Urbaniste.

Mis à jour : il y a 13 heures

Au coeur du parc tertiaire du Pont de Flandre (Paris 19), un ensemble de bureaux

destiné à accueillir les futurs locaux de l'Urssaf se dresse désormais le long de la voie

ferrée, à proximité de la Gare RER Rosa Parks. Pour cette opération, l'architecte Anne Carcelen a conçu un immeuble à structure mixte bois - béton. Une opération complète réalisée en BIM.

1. CONTEXTE

Le siège de l’Urssaf IDF se situe dans le Parc du Pont de Flandre, l’un des plus grands parcs tertiaires de Paris, avec 100 000m2 de bureaux, issus de la reconversion des magasins généraux. Ce patrimoine remarquable s’ouvre sur les quais de la Charente et de la Gironde dans le XIXe arrondissement de Paris. La succession de toitures industrielles, de charpentes bois habillées de pierres et de briques, forme un ensemble d’envergure qui marque le paysage parisien.

Le RER E (EOLE) qui traverse Paris, dessert de nombreuses communes, de Roissy à l’est jusqu’à Mantes-la-Jolie à l’ouest. La gare Rosa Parks constitue une nouvelle entrée dans Paris et bouleverse le territoire en créant, avec la gare de tramway et la reconversion des entrepôts Mac Donald, une nouvelle centralité.

C’est alors que l’équilibre de ce grand ensemble s’en trouve modifié : ce qui était à la poupe devient proue offrant une belle opportunité d’ouvrir le site sur la ville à l’ouest. L’immeuble est conçu selon la trame du site, tout en s’étirant le plus possible vers la gare pour tendre une pointe effilée taillée en flèche par le tracé urbain de la prolongation de la rue Curial sous les voies SNCF.

S’inscrivant dans la continuité typologique et morphologique des magasins généraux

historiques et des bâtiments successifs comme Pierre et Vacances, le siège de l’Urssaf assume aussi son appartenance au XXIe siècle avec une transcription contemporaine des toitures industrielles du XIXe siècle. Il arbore une façade ondulante et plissée de zinc prépatiné rouge en continuité de la couverture recouvrant une charpente bois perceptible depuis la Gare Rosa Parks, dans la tradition du site.

A l’est, en guise de révérence au bâtiment industriel, une mantille ajourée en zinc retrace en négatif, le pignon de ce qui lui fait face. Cette empreinte s’inscrit dans un gigantesque folioscope retraçant l’histoire du site du XIXe au XXIe siècle perceptible depuis le RER. Elle fabrique aussi, en redent des balcons qui offrent des lieux de convivialité extérieurs.

2. STRUCTURE MIXTE BOIS-BETON

L’immeuble de bureaux est composé d’un RDC en structure béton et de 8 niveaux en

superstructure, de type poteau/poutre en bois et plancher béton connecté. En infrastructure, un niveau de parking de 35 places désolidarisé de la superstructure grâce aux boîtes à ressorts. En complément, il a été aménagé un fitness au RDC, une cafétéria au niveau 2 bénéficiant d’une terrasse. Un commerce au RDC sera ouvert sur l’espace public au sortir du parvis de la gare.

L’ensemble s’organise autour d’un noyau central en béton qui sert de contreventement. Il comprend les circulations verticales escaliers, ascenseurs et les sanitaires, ceinturé par une circulation périphérique qui dessert les espaces de travail avec une hauteur libre de 2,97m. La charpente en bois apparente libère les volumes du dernier niveau pour les offrir pleinement aux usagers, les locaux techniques étant localisés en sous-sol. La 5e façade, perceptible depuis les immeubles de la cité Michelet prend alors tout son sens avec une peau de zinc continue en courbe.

Le bois représente un allié plutôt qu’une alternative : marié avec le béton et l’acier, il constitue un assemblage plus performant et durable. Le bois a des atouts que l’acier, ou le béton, n’ont pas. La proximité des voies de chemin de fer nous a fait opter pour un système de boites à ressort. Le choix d’une structure légère en bois pour alléger les charges sur celles-ci s’est imposé naturellement.

Le « more is less » prend ici ton son sens avec des assemblages hybrides où chaque matériau est choisi pour ses performances. De là est né le credo de l’agence d’Anne Carcelen : « Le bon matériau au bon endroit ».

3. OPERATION COMPLETE BIM

La création de l’immeuble tertiaire s’est appuyée sur une démarche menée intégralement en BIM par l’agence Anne Carcelen, de la conception (avec l’intégration des différentes problématiques fluide/charpente avec AIA Ingénierie et Arcoba) jusqu’à l’exécution avec les entreprises SPIE (GO et TCE) et MATHIS (Charpente bois et façade bois). Il s’agit d’une première que ce soit pour l’agence Anne Carclen ou SPIE Batignolles ile-de-france de conduite technique en BIM jusque dans l’exécution.

En phase exploitation, elle s’intègrera à la procédure de gestion de maintenance développée par Icade. La mise en oeuvre du BIM a permis non seulement la résolution des problèmes de passages de fluides dans la structure mais aussi la résolution de complexités formelles issues de la morphologie très particulière du bâtiment. La compréhension des enjeux tant géométriques que structurels (R+7/toiture) en bois ont été possibles dès lors qu’ils ont été menés en maquette BIM et exploration 3D. En effet chaque élément de charpente ou de chien-assis étant unique, ils ont été tous appréhendés et visés en maquette numérique, le géométral en 2D seul ne suffisant plus ni à viser les documents d’exécution, ni à anticiper les erreurs de construction.

La préfabrication autorise la production d’objets uniques puisque ceux-ci ont été inscrits dans une chaîne de conception (calculs) et fabrication issue de la maquette numérique, sans surcoût.


Maîtrise d'ouvrage : ICADE FONCIER

Maîtrise d'œuvre : Anne Carcelen Architecte-Urbaniste

Bureau d'études : RFR

Surface totale : 8670 m2

Livraison 2020

Crédits photos : Nicolas Grosmond & Tiltandshoot