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A Saint-Vincent-sur-Jard : Pavillon d'accueil - Musée Clémenceau par TITAN

Mis à jour : oct. 7


Homme politique et journaliste, Georges Clemenceau était l’une de ces personnalités rares, dotées de nombreuses et diverses qualités; sa sensibilité pour les arts et la culture demeure encore inspirante aujourd’hui.

Il vécut les dernières années de sa vie dans une maison située à Saint-Vincent-sur-Jard, en face de l’océan Atlantique. Celle-ci fut transformée ultérieurement en maison musée. Suite à de nombreux désordres structurels, amplifiés par le passage de la tempête Xynthia, le centre des monuments nationaux a souhaité sa reconstruction pour valoriser le lieu, développer sa fréquentation et relever ce monument national classé monument historique depuis le 10 juillet 1970. Le nouveau projet devait prendre place dans l’emprise du volume d’origine, formée de deux bâtiments juxtaposés.

Dans ce magnifique paysage, Clemenceau avait élaboré un jardin qui forme l’une des intensités du site. Notre proposition est un volume discret, qui s’intègre harmonieusement dans son environnement. Respectant la dimension patrimoniale, le pavillon d’accueil forme la porte d’entrée du jardin. Il s’apparente à un monolithe émergeant du sol. Sa coque, entièrement constituée de béton, se confond avec la plage, les dunes et le parvis, tout en définissant clairement un passage de l’espace public ouvert aux jardins de Clemenceau, plus intimes.


Prenant en charge les contraintes du site, le nouveau projet s’articule autour d’une nef centrale – un pavillon jouant le rôle de structure de transition abritant la réception, la boutique du musée et un espace de médiation – connecté à deux volumes supplémentaires, dédiés l’un à la technique, l’autre au personnel. L’enveloppe extérieure deux volumes à l’aspect différent. La nef centrale est entièrement lisse couleur dune, tandis que les autres volumes, également en béton, sont sablés et réalisés en strates de teintes différentes. Suite à la tempête Xynthia, une application plus stricte de la loi impliquait d’inscrire exactement la reconstruction dans la volumétrie de l’ancien bâtiment. Cette contrainte, le projet l’a renversée à l’avantage du programme, en offrant un espace optimisé sans couloir, facilitant la

déambulation des visiteurs. La collaboration et la capacité à dialoguer, qui ont prévalues entre l’équipe d’architectes, la maîtrise d’ouvrage (le Centre des Monuments Nationaux, sous la direction du Ministère de la Culture) et l’entreprise ont facilité l’aboutissement de ce projet innovant. Alliant minimalisme et écologie, notre projet vise la durabilité et l’intégrité; il marque sa présence sans pour autant concurrencer la maison musée. Les jardins accentuent l’importance de la relation avec la nature, invitant le visiteur à devenir un observateur. Le pavillon d’accueil est entièrement fait de béton lisse de la couleur du sable, tandis que l’autre volume, également en béton, est robuste. Le pavillon, par sa toiture en pente, par l’association de différentes techniques de mise en œuvre du béton, l’exploration de ses effets de texture, ainsi que le rapport entretenu au littoral classé, expérimente de nouveaux potentiels et offre de nouvelles découvertes. Il révèle toute la poésie du béton et plaide pour des applications expérimentales. L’emploi du béton, au dedans et au dehors, est l’un des caractères majeurs du projet. Ses qualités plastiques, structurelles et durables sont pleinement explorées. L’intérieur complète la simplicité de l’extérieur ; la matérialité le transforme en un vestibule minéral, évoquant un tunnel creusé dans la pierre, qui guide le visiteur vers les jardins envoûtants. De légers chanfreins au niveau des angles viennent adoucir la perception de l’espace et offrir une ambiance chaleureuse et singulière.

la façade – une médiation esthétique.

RELEVER ET RÉVÉLER

Extrait du texte. ‘Le jardin de Monet à Giverny’, Fondation Monet :

Monet a été le maître et l’inspirateur de Clemenceau en matière d’horticulture. En 1921, le peintre, venu en Vendée rendre visite à son ami, lui a fourni des conseils précieux. Il lui a indiqué quelques idées pour faire pousser dans les sables stériles des dunes de Saint-Vincent-sur-Jard toute une improbable sauvagerie de fleurs aux magnifiques couleurs: les roses tant appréciées mais aussi des iris blancs, des dahlias ou des giroflées et des cerisiers du Japon. Dans l’attente de cette visite, dans sa lettre du 26 septembre 1921, Clemenceau écrivait à Monet: « Le 4 à midi vous ferez votre entrée dans le sable où j’espère bien vous enliser. »

Respectant la dimension patrimoniale, le pavillon d’accueil forme la porte

d’entrée du jardin. Il s’apparente à un monolithe émergeant du sol. Sa coque, entièrement constituée de béton, se confond avec la plage, les dunes et le parvis, tout en définissant clairement un passage de l’espace public ouvert aux jardins de Clemenceau, plus intimes. Les parois du béton texturé furent coulées par passes successives de haut en bas, avec des hauteurs et une colorimétrie définis en amont sur des prototypes. Les passes successives étaient coulées l’une le matin et la suivante en fin de journée pour laisser le temps à la premières passes de durcir. L’aspect texturé du béton est ensuite rendu possible par un jeu de décalage des coffrages ainsi

que par le sablage du béton en surface.

L’emploi du béton, au dedans et au dehors, est l’un des caractères majeurs du projet. Ses qualités plastiques, structurelles et durables sont pleinement explorées. L’intérieur complète la simplicité de l’extérieur ; la matérialité le transforme en un vestibule minéral, évoquant un tunnel creusé dans la pierre, qui guide le visiteur vers les jardins envoûtants.

Maîtrise d'ouvrage : Centre des Monuments Nationaux

Maîtrise d'œuvre : Agence TITAN

Bureau d'études : AREST

Surface Totale : 125 m2

Coût des travaux : 500 K€ HT

Livraison 2018

Crédits photos : Julien Lanoo